Confessions

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Nouveauté ! Dorénavant tout mes articles seront également disponible au format audio  😉 Régalez-vous [les oreilles] ! Des bisous <3

« Au creux d’un bois, cherchez l’erreur. Un silence qui tue. Une petite fille, aux habits rouges, arrive et piétine.
Un silence puis ses pas dans la boue.
Au creux d’une chambre, cherchez l’erreur. Un silence qui assassine. Une jeune fille, vêtue de rouge, assise et sanglote.
Un silence , puis la réalité qui la piétine.

A quoi bon si les roses de nos jardins périssent avant d’avoir vécu ? Et des larmes ne peuvent naître des enfants ? Du silence quelques sourires ?
Des regards nous parviennent, peuvent-ils répondre aux questions ?
A toutes choses une vérité, une vérité muette » 22 Septembre 2005

J’ai écrit ça, j’avais 16 ans. J’ai toujours trouvé l’écriture particulièrement efficace pour libérer mes émotions. Mais de là à les faire comprendre au plus grand nombre 😉 Quand j’ai retrouvé ces mots, j’ai ressenti le besoin de me confier à vous, à toi, qui lit cet article. Il y a tellement de choses qu’il faut que je t’avoue. Et que je m’avoue à moi-même.

Tu me fais peur

J’ai peur de la personne à qui je parle. Peur de la déranger, peur de me trouver insignifiante, inintéressante. Inexorablement je me souviens qu’on renvoie toujours ce qu’on ressent. Je me dis « ouais c’est sûr que je t’embête » alors je ne reste pas longtemps.
J’ai vraiment envie de te parler, enfin de t’écouter. Parfois je ne sais tout simplement pas quoi te dire, mais parle pour moi s’il te plaît, j’aime qu’on me parle, que tu me racontes tes journées, tes pensées, tes anecdotes. Je suis une lectrice de l’ombre qui ne sait pas toujours quoi réponde où comment venir te parler. Ce n’est pas un signe de désintéressement. Au contraire !
Il y a quelques jours j’ai eu l’occasion de discuter avec une personne réellement intéressante. Mais ma peur m’a rattrapé, je voulais vraiment lui parler toute l’après-midi, je ne savais pas quoi lui dire de plus. Je me voyais mal lui dire « parle, je t’en prie, parle-moi, je te trouve tellement intéressante ». Oui je suis folle et obsessionnelle !

Je ne sais pas où aller

Je sais que je suis Webdesigner. C’est ce que je fais de bien. Oui je le fais BIEN, c’est le mot. Je n’irais pas dire que je n’aime pas ça, mais il est vrai que ces derniers temps je me suis posée la question d’une possible reconversion professionnelle. Pourquoi ? Quand j’ai décidé de faire des études dans le multimédia c’était à un moment de ma vie où je DEVAIS trouver quelque chose qui semblait rentable.
A ce moment-là, j’ai fait une liste de ce que je savais bien faire et dont le métier me permettrait de vivre « correctement ». Je savais bien utiliser Photoshop et faire des sites internet me plaisait bien. Alors je suis partie dans cette direction tête baissée. Six ans après qu’est-ce que j’en pense de tout ça ? Je sais que je le fais toujours bien, je suis heureuse d’avoir ouvert mon auto-entreprise, je ne regrette pas le moins du monde.
Néanmoins cette liberté m’amène à me demander ce pourquoi je suis réellement faite, et d’autant plus donner du sens à ce que je fais. J’ai encore le vif sentiment de ne pas faire avancer le schmilblick avec mes sites, je n’arrive pas à trouver ma cible. Je sais qu’un truc se passe en moi, sinon je ne me poserai pas toutes ces questions, j’ai cette porte en face de moi, celle de ma réalité, du sens que j’aimerai lui donner, elle est entr’ouverte. J’y vois passer un filet de lumière, car plus j’avance et mieux je comprends et cerne les choses qui font sens en moi.
Alors je me pose là aujourd’hui devant cette porte, je la regarde et demande « Bon c’est quoi mon truc au final? ».

Ce que je suis

Je découvre la synchronicité et la spiritualité dans ma vie. Je suis comme un petit bouton d’une fleur sur le point de découvrir le soleil. Je frétille car c’est tellement nouveau et pourtant si familier. Comme retrouver un amour lointain qu’on pensait perdu. Voilà ce que je ressens ! Je lis tellement de choses, je ne les ai pas encore mise en pratique (sauf pour le jardinage – mais que vient faire le jardinage ici ? Essaye, c’est juste super relaxant!)  Je découvre des livres, des personnes et des lieux très inspirants.
Ces choses sont à milles lieues de tout ce qu’on m’a appris dans ma vie. Ce que ma famille et l’école m’ont appris.
J’ai compris quelque chose. Je n’ai pas honte de le dire maintenant, ni même la vanité pour cela : je me suis construite toute seule. Mon chéri (on dira J. dans l’avenir), donc J. me disait « il y a une chose toute simple pour savoir que tu t’es faite toute seule. Regarde ta famille, tes proches et regarde-toi. »
Il a raison. Je ne suis pas eux et je me suis demandée tellement de fois « mais comment est-ce arrivé? D’où je viens véritablement ? » J’avais ce besoin inébranlable de reconnaissance envers eux, pour conclure en un « mais pourquoi j’ai pris un chemin tellement différent, comment peuvent-ils me reconnaître/être fière de moi? Je ne correspond pas du tout à leur idéal. Je me suis créé toute seule« .

La solitude

En réalité, je te le dis, je n’ai pas peur de la solitude. C’est une vieille amie. Quand j’étais petite, je jouais seule, je lisais seule, j’étais seule dans ma tête. Je ne sais pas jouer avec les autre. Raison pour laquelle aujourd’hui je ne sais pas comment être, me positionner face à un groupe dépassant deux personnes. Raison pour laquelle j’arrive à m’épanouir dans le jeu de rôle grandeur nature : on ne me demande pas d’être moi. Moi, oui moi dans mon entièreté, ne sait pas gérer les relations interpersonnelles.
Tu me connais, je parle beaucoup et vite. Parce que j’ai peur du silence entre nous. Comme si c’était un marqueur d’ennui. Car quand je suis seule le silence n’existe pas, ma tête est pleine de sons, la nature, la ville, la musique, mes propres voix (oui nous sommes plusieurs, c’est plus simple pour réfléchir). Je ne veux pas t’ennuyer alors je parle vite, je dis beaucoup de choses, je ne veux vraiment pas que tu t’ennuies.
Quand je suis seule je ne m’ennuie pas. Je fais mes activités manuelles. Je couds, je cuisine, je jardine, je lis, je lis beaucoup. Je m’imprègne et j’écoute la musique, j’écoute les oiseaux, le vent, le soleil ou la pluie. Parfois je te partage tout ça sur instagram ou twitter. J’aime bien te partager la lumière, le son, le goût de ma vie.

Le regard des autres

Je ne dirai pas que je me suis affranchie du regard et de l’avis des autres. Je fais beaucoup de choses dans mon intimité qui sont à contre-courant de la masse. Pas par esprit de contradiction mais parce qu’elles font sens en moi (je t’en parlerai plus tard). Mais une fois passée le pas de ma porte, je suis anxieuse, je ne veux déranger personne. C’est surtout que la négativité, la moquerie et le conflit me mettent réellement mal à l’aise. C’est pourquoi je ne commente pas beaucoup les publications sur facebook, notamment dans les groupes ayant plus d’une centaine de personne. Quand je me retrouve face à quelqu’un qui n’est pas d’accord avec moi, je suis comme démunie. Pas qu’elle me montre clairement que j’ai tort (cela pourrait être le cas), je ne sais que répondre. Je n’ai pas la force de me « battre » contre cette personne.
Attention, je suis ouverte au débat, mais jusqu’à présent je me suis retrouvée surtout face à des gens qui étaient fermés à la discussion, dont la réponse ne laissait pas grand place à la discussion. C’est aussi cela que je déplore et qui dépeint clairement mon sentiment de manque de légitimité à parler des choses.
A l’école on me moquait, au collège aussi, puis après ce fut à la maison. Je me suis construite dans l’idée de cette foutue perfection et du non-droit à l’erreur. Mais cela s’arrête dès que je rentre dans ma bulle, dans ma sphère privée.
Non je ne suis pas affranchie du regard des autres. J’y travaille. Un pas après l’autre.

Ça sera tout pour aujourd’hui, en attendant la suite de la fameuse introspection 😉
Des bisous !

Digital Designer naviguant entre les mondes. Je ne tiens pas en place, j'aime apprendre. Je couds, je joue, je designe, j'explore, j'écris, je cuisine... Native de banlieue parisienne, j'ai quitté mes cités HLM pour explorer la jolie ville d'Amiens.

6 commentaires sur “Confessions

  1. Tes mots résonnent beaucoup en moi, certains me parlent particulièrement.
    Pour l’aspect professionnel, en te lisant j’ai la sensation que tu vas très bientôt franchir une étape ; c’est ce que je ressens à travers tes mots, et j’ai hâte de voir ce qui t’attend derrière la porte 🙂 Parfois je pense qu’il faut avoir confiance et se laisser guider naturellement vers ce qui nous attire.

    1. Merci pour ton message <3
      Je t'avoue que moi aussi j'ai hâte de voir ce qui m'attend derrière cette porte... Je suis encore assez perdue entre ce que je veux et ce que je ne veux plus. Je crois que comme tu dis, il faut que je me fasse confiance, il faut vraiment aujourd'hui que je le fasse !

      Des bisous <3 !

  2. C’est fou comme ton article me parle!
    Je me reconnais que trop bien dans le fait de parler vite de peur d’ennuyer l’autre et donc je finis ce que j’ai à dire rapidement même lorsqu’on me demande de raconter ma vie. x)
    Tu trouveras sûrement ta voie, ton message. En général, ce genre de chose est « évidente » et à la fois floue, dans le brouillard créé par notre esprit. ~

    1. C’est exactement cela « le brouillard » créé par mon esprit, au final je ne sais pas où donner de la tête…
      Cela me rassure de voir que je ne suis pas la seule à faire et penser ces choses-là ^^… Mais j’aimerai bien en sortir je t’avoue xD
      Merci pour ton mot <3

  3. Oh Morgane,

    C’est marrant comme on se ressemble en fait. C’est marrant comme la première fois qu’on s’est parlées je n’ai à aucun moment imaginer tout ce qui pouvait se passer en toi. Et comme en l’espace d’un an, presque deux, j’ai compris qu’on était bien plus semblable que je ne le pensais au premier abord. C’est d’ailleurs probablement pour cette raison que tu es maintenant celle à qui je parle le plus, qui sait encore ce qui se passe dans ma vie, à qui j’ai envie de me confier.

    Je sais que c’est que de se sentir seule. Et je sais même ce que c’est que d’apprécier d’être seul. Parfois, c’est juste moins compliqué, moins compliqué que de se cacher, moins compliqué que de devoir rentrer dans la norme. Les gens savent souvent tellement mieux que nous ce qu’on nous devons être… Du moins, c’est qu’ils pensent. Continue d’être toi-même comme tu le fais. Et continue d’aspirer à des choses différentes, c’est ce qui fait ton unicité. C’est ce que tu fais que tu es mon amie aussi.

    Merci pour partager avec nous ces quelques mots. Sache que tu peux venir me parler quand tu veux si tu en as l’envie hihi.

    1. Ton message me touche tellement !!! Je suis tellement heureuse de me sentir moins étrange dans ma façon d’être, enfin de voir qu’on est beaucoup dans mon « cas » haha !!!
      J’espère que tu prendra aussi le chemin du bonheur comme je le fais aujourd’hui (mais il est encore très accidenté ><) Tu sais comme c'est dur de rester soi-même ou même encore de se découvrir soi-même ! Mais on y arrivera 😀 !!! D'énormes bisous !

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