Elle a un grand frère

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SADNESS WARNING : attention cet article a été écrit sous un fort degré de malaise et de déception – surtout un besoin de l’écrire. Sachez néanmoins que vous pouvez passer votre chemin si vous voulez un article plus sympa [la semaine prochaine on parlera cuisine héhé]. Des gros bisous et beaucoup d’amour à vous <3

Je ne suis pas fille unique… ou presque.

J’ai un frère, de 12 ans mon aîné. C’est mon grand frère et aussi loin que remonte ma mémoire je l’ai toujours regardé et admiré avec mes yeux de petite soeur. Parce que c’est mon grand frère.

J’ai 26 ans, il en a 38. Quand j’ai eu 11/12 ans, il a quitté la maison, parce que lui en avait déjà plus de la vingtaine. Je n’ai pas beaucoup de souvenir AVEC lui, juste avec lui.

Je me souviens que je lui « volais » le modem dans sa chambre pour avoir internet. Que je lui ai piqué quelques livres dans sa bibliothèque. Qu’il ne se réveillait pas avant 13h le dimanche, pour le déjeuner en famille, et qu’il arrivait toujours en colère avec son vieux peignoir moche.

Mais il était déjà un adulte et je n’étais qu’une enfant.

Un grand frère jaloux ?

J’ai un soucis de reconnaissance. Depuis toujours, tout ce que je fais, je leur dit à eux, ma famille. Et surtout je lui dit à lui, mon grand frère. Cela a toujours été mal interprété, comme de la vantardise.

Mon frère dit que je suis trop gâtée. Trop privilégiée. Que j’ai coûté cher à nos parents, à cause de la fac, etc… Que lui n’a pas eu droit à tous ces traitements de faveurs.

Il disait que je n’étais qu’une « gourdasse » avec mes cours de philo, mes livres et mes lubies ridicules. Que je suis une gamine,  vraiment débile. Longtemps il disait, pour plaisanter « mais t’as du être adopté c’est pas possible ».

Pourtant si je fais tout ça c’est pour qu’il soit fier de sa petite soeur. Pour qu’il me fasse confiance, qu’il n’ait pas peur pour moi et ma vie « future ». Si je lui dit toutes ces choses c’est pour partager des choses avec lui, pour qu’on fasse des choses ensembles.

Mon frère, cet étranger désagréable

Je souffre de cette absence. J’ai mal au fond de moi de ne pas avoir une relation fraternelle saine et épanouie avec mon seul et unique frère.

Je parle de choses avec lui pour attirer son attention, pour qu’on ait un début de discussion tous les deux, un début de point commun. Mais toujours il le prend sur la défensive. Toujours il le prend comme argent comptant et s’en sert contre moi.

Je l’appelais juste pour qu’on parle ensemble, vu qu’il a déjà fait expérience de choses que je ne connais pas encore. De façon saine et non agressive. Parce que c’est mon frère et que j’ai confiance en lui. 

J’ai pas besoin qu’on me rabâche que je suis une gamine qui fait des conneries. Parce que ce n’est pas vrai.

Je n’ai pas vécu d’échec, mais des expériences qui m’ont grandi et forgées la femme que je suis aujourd’hui. Je ne veux pas prendre les choses de façon négative, qu’elles soient passées ou non. Parce que j’estime que c’est en étant négatif que les choses négatives arrivent. Je crois en ça.

Je ne suis que joie \o/

Cette personne que j’aime malgré tout

Car je ne suis pas de ceux qui laisse tomber si facilement. Je suis têtue. Il est mon frère. J’espère un jour qu’il ouvrira sa conscience et qu’il comprendra que la seule chose que j’attends de lui c’est qu’il s’intéresse un peu à moi comme je m’intéresse à lui, que ce que je fais ce ne sont pas des choses ridicules mais une autre façon de voir la vie, que sa parole n’est pas parole d’évangile et que par conséquent j’ai le droit d’avoir mon avis.

J’espère qu’un jour il saura que je n’ai pas besoin de ses réflexions, de ses paroles blessantes vis-à-vis de mes choix, de ma conception des choses. Que je ne veux pas entendre une sempiternelle excuse complètement et totalement négative parce que OUI il y a des choses biens dans la vie, vraiment !

Je souhaite qu’un jour il se rende compte qu’il n’a pas pris le temps de connaître cette petite chose juste à côté de lui, qui attendait d’être prise dans ses bras et entendre :

« Je suis fière de toi, je t’aime ma sœur ».

 

Digital Designer naviguant entre les mondes. Je ne tiens pas en place, j'aime apprendre. Je couds, je joue, je designe, j'explore, j'écris, je cuisine... Native de banlieue parisienne, j'ai quitté mes cités HLM pour explorer la jolie ville d'Amiens.

8 commentaires sur “Elle a un grand frère

  1. Oh il est triste ton article c’est vrai.
    Je pense que ce n’est jamais si évident d’avoir une relation épanouie avec les gens que l’on aime. Je pense qu’il faut prendre le temps de découvrir l’autre et d’accepter ses bons comme ses mauvais côtés. Mais malheureusement, c’est un travail qui ne peut pas être mené que d’un seul front, et donc que de ton côté. Je pense que tout le monde doit y mettre du sien, et que chacune des parties doit accepter d’aller vers l’autre. Tu sais, il y a déjà bien des années, ma soeur et moi avions du mal à nous parler. Et je ne peux pas trop te dire quel a été le déclic pour nous… En y repensant, je me dis que je ne sais vraiment pas ce qui a changé. Tout ce que je peux dire, c’est qu’au fur et à mesure, nous avons réussi à trouver nos marques, nos sujets de discussion, nos sujets d’entente, mais aussi nos sujets de discorde. On n’est bien sûr pas exactement pareilles, et nous continuons d’avoir nos centres d’intérêts bien différents, mais on a notre terrain d’entente. Peut-être que dans un premier temps, c’est là que se situe ton plan d’action: cultivez votre terrain d’entente. Essaie de te rapprocher de lui, essaie tant bien que mal de comprendre ce qui le fait agir comme il agit. Je ne suis pas certaine que tu puisses faire plus dans l’état actuel des choses. Mais si déjà, tu peux réussir à avoir une conversation avec lui sans entendre de réflexion à ton sujet, sur ta vie ou sur ton quotidien, je pense que tu seras forcément plus à l’aise et moins frustrée de votre relation. Je n’ai malheureusement pas de solution miracle pour toi. Je te souhaite juste beaucoup de courage. Peut-être que ce que tu attends ne viendra jamais, mais je suis du genre à ne jamais lâcher… Gros bisous.

    1. Tu as ici d’excellents conseils et pour le coup, je l’avoue avoir essayé maintes fois de lui parler de sujets neutres et qui semblait totalement positif… Mais je ne sais pas, il a le don de trouver le caillou dans cette chaussure.
      A la fin je me dis qu’il le veut ça en fait. Qu’il le cherche un peu. 🙁
      Merci pour ton commentaire <3

  2. Hello Morgane,

    Il est très fréquent d’avoir ce type d’animosité dans la relation fraternelle, d’autant plus que vous êtes du sexe opposé. A vrai dire, je pense que la raison de tout ça est que ton frère a une certaine jalousie vis-à-vis de ta relation avec tes parents.

    La différence d’éducation entre l’aîné et le cadet génère quasi systématiquement ce type de conflit, du fait que les parents sont souvent plus sévères envers leur aîné, et plus laxistes envers leur cadet.

    Peut-être a-t-il un sentiment d’injustice envers certaines choses dont tu aurais bénéficié et lui non, ou bien peut-être a-t-il souffert d’un « abandon » de tes parents en ta faveur lors de ta naissance. C’est assez criant dans les reproches que tu cites. D’autant plus qu’à 12 ans on est dans une période où l’attention des parents est capitale pour développer une bonne estime de soi.

    Dans tous les cas, cette situation génère de la souffrance de son côté (même si à mon avis il n’a pas saisi la vrai nature du problème, qui n’est pas toi mais peut-être tes parents) et de ton côté également.

    Je pense que le mieux serait de lui poser directement la question et d’en parler ensemble avec vos parents. S’il pense que tu es la « chouchoute » cela pourrait amener une discussion et le débloquer, notamment si tes parents le rassurent.

    Courage en tout cas, je te souhaite que la situation s’améliore, je suis sûre que vous pourriez partager plein de choses. 🙂

    Sarah

    1. Raaaaaaaaah je suis dégoutée je t’avais écrit un super long commentaire et y’a eu une erreur xD
      Bon déjà merci pour ton avis précieux ^^ !
      Il est vrai que pour me dire que je suis pourrie gâtée je me suis posée la question. Après sincèrement 70% (on va dire) des choses que mes parents m’ont donnée sont le résultat de mes efforts scolaires (et aujourd’hui professionnels)
      Je sais que mon frère l’école ça a été son truc – tout comme aujourd’hui le travail et l’argent ça a pas l’air d’être son truc… – mais je n’ai pas demandé ça… D’ailleurs je n’ai pas non plus demandé qu’on me dise que je ne suis pas l’héritière de la famille parce que je suis une fille et la seconde =(. J’aurai pu lui faire payer qu’il a eu le droit d’aller au ski pendant plus de 6 ans, qu’il a fait les colos, du camping, qu’il est allé en Corse; toutes ces choses qu’il a faite et pas moi. Mais franchement pourquoi lui en vouloir? C’est sa vie… J’essaie de rendre la mienne la plus agréable possible, c’est un crime ? =(
      Nos parents disent qu’il exagère, mais ils ne le disent pas quand il est là. Il est très sanguin, impossible d’avoir une conversation posée avec lui sans qu’il s’énerve… =(

      Merci beaucoup en tous cas pour ton commentaire =)

      1. Je t’en prie 🙂

        La situation est compliquée, et parfois trouver les mots justes est impossible, ce qui crée des tensions dans le dialogue. Le mieux reste donc sans doute de lui écrire une lettre/ un mail pour expliquer ce que tu ressens. Et l’envie que tu as de te rapprocher de lui 😉

        Bon courage!

    1. En fait, j’aurai peut-être du le preciser ^^, je ne lui parle plus vraiment de moi depuis que j’ai passé mon bac (9 ans à peu près) depuis qu’il s’est allègrement gossé du fait que je faisais de la philo. Pour le coup, le peu que nous nous voyons aujourd’hui il parle surtout de lui et de sa vie de famille. J’ai bien compris que ma vie est sujet à plaisanterie =(… Pour le coup j’ai déjà essayé de lui dire ces choses-là comme je vous les ai dites, ça s’est soldé soit par des rires (il ne prenait pas ça au sérieux) soit il le prenait contre lui et se réfugiait dans ses propres malheurs….. J’ai du mal à avoir juste une conversation avec lui – en y mettant toutes les formes possibles – sans qu’il le prenne d’un extrême à un autre. Mes parents ont aussi ce problème. Alors personne ne parle de soi et l’écoute parler.

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