Elle croit aux fées

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Titre étonnant n’est-ce pas ? Et pourtant c’est vrai. La personne qui écrit ces mots devant vous, là maintenant, croit aux fées. Non, non, je ne me moque pas de vous. 😉

Quand j’étais petite, je commandais au Vent. Je parlais aux arbres. J’entendais des tas de choses dans mon jardin, dans la forêt. Je voyais des tas de choses dont je ne me souviens pas aujourd’hui.

Quand j’étais petite, j’ai vu une fée.

L’usage, la société, l’entité du Surmoi (pour reprendre les termes de Freud) voudraient que je dise plutôt « Quand j’étais petite, j’ai cru avoir vu une fée. »

Quand je l’ai raconté à mon tendre mercenaire et que j’ai utilisé cette formulation il m’a répondu « pourquoi tu dis que tu as cru voir une fée; si tu crois en elle, alors c’est que tu l’as vu ».

Dans mes études

Au début de mes études en Lettres, je me suis inscrite dans un cours en option « Les contes dans la tradition orale ». Peut-être que vous n’y verrez pas tous de suite le rapport – dans ce cours nous avons étudié l’origine et le sens véritable des contes. Dit aussi « les Contes de Fées ». Et non les contes ne sortent pas de l’imagination de Perrault, ni même des frères Grimm, ils leurs sont bien plus anciens.

Ce que j’ai retenu de plus probant est qu’on connaît d’innombrables versions du Petit Chaperon avec des péripéties en plus ou en moins et une issue connue de tous – dont la version la plus ancienne date d’ancienne Egypte (si si !) – mais voilà ce conte a existé à différents instants et endroits de notre monde sans que pour autant il n’y ai eu de communication entre les peuples à ces moments-là. Notre professeur nous avait dit « c’est encore un grand mystère, on ne l’explique pas, on a essayé pourtant ».

Vous ne voyez toujours pas où je veux en venir ? Bah toutes ces histoires, c’est vraiment arrivé ! Si si, j’y crois ^^.

Dans mes lectures

Bon après je suis tombée sur une « antiquité ». « Antiquité » car il s’agit d’un livre qui aujourd’hui n’est plus édité du tout. Quand je suis allée le faire dédicacé par son auteur, lui-même l’a dit « mais qu’avez-vous sorti de la poussière ? ».

Il s’agit du livre « Enquête sur l’existence des fées et des esprits de la nature » par Edouard Brasey. Tout le monde devrait lire ce livre, il est tellement merveilleux ! C’est comme si, pendant que je parcourais toutes ces pages, on me répétait « mais tu vois, tu n’as pas rêvé, c’est vraiment là mais il n’y a plus personne pour voir et écouter… ».

Je me souviens d’un passage, expliquant que la dernière apparition de fées en France a été daté dans les années 20 – puis après plus rien… C’est triste non ?

Je pense que beaucoup de mondes se doutent qu’il y a autre chose que le monde visible. Et je ne veux juste pas l’espérer, je le sais.

Pourquoi j’y crois si fort

Pour un monde plus beau, plus extraordinaire. Parce que la nature détient un tel équilibre qu’elle ne peut pas être mesuré et quantifié juste par ce que l’on voit d’elle. Parce que j’y ai cru petite, malgré les remarques de mes parents et de mon frère, et que j’ai tenu à ne jamais oublié ce sentiment/cette sensation qu’il se passe des choses autour de moi mais que personne n’ose regarder, où ne prenne le temps de voir.

Quand je regarde le documentaire « Il était une Forêt », j’ai cette sensation de grandeur, de merveilleux, d’incroyable, que nous humains nous avons oublié. Dans notre hâte à la technologie, à la science, aux mathématiques. Tout cela est très intéressant, mais il me semble qu’on a oublié quelque chose au passage, ou qu’on a perdu quelque chose… Au détour du 21ème siècle, on a fait tombé quelque chose dans le néant, qui j’espère reviendra vite.

Il y a très longtemps, mais je me souviens maintenant, la petite « moi » était obsédée par le documentaire « Microcosmos ». Quand j’y repense, ça devait être lié à toutes ces histoires de fées, de lutins, de nains, etc… Peut-être que dans ces images, je voyais les mêmes choses que dans mon jardin, cette évasion vers un autre monde.

Un jour…

Peut-être que je transmettrai mon regard sur ce monde à d’autres, cette croyance et cette envie de ne pas juste regarder avec mes yeux ces petites choses que l’on croit si silencieuse et si immobile, toujours à mieux voir et à mieux entendre, mieux comprendre

Ne croyez pas que la nature est immobile ou silencieuse, elle a tellement de choses à dire et à raconter (tout comme le ciel), alors prenez le temps de tendre l’oreille. Rien qu’un instant, éteignez vos smartphones, rangez votre casque, fermez vos ordinateurs. Allez écouter la sérénade du Vent entre les branches de ces arbres, soyez patient…

Et peut-être qu’au détour d’une feuille ou d’une fleur, vous verrez ce que j’ai vu, jadis. 

 

Crédits images : Frances Wright et l’une des fées de Cottingley – affaire des fées de Cottingley
Digital Designer naviguant entre les mondes. Je ne tiens pas en place, j'aime apprendre. Je couds, je joue, je designe, j'explore, j'écris, je cuisine... Native de banlieue parisienne, j'ai quitté mes cités HLM pour explorer la jolie ville d'Amiens.

6 commentaires sur “Elle croit aux fées

  1. Je crois que si une histoire peut-être racontée par plusieurs peuples d’une même époque qui ne communiquent pas (je précise bien d’une même époque parce que forcément, les gens suivant lisent toutes les versions et font leur tambouille avec, ce qui explique les ajouts ou retraits dans les péripéties, du coup) c’est parce qu’ils sont foncièrement humains. Alors attention, je ne dis pas que les fées, dragons, etc., n’existent pas, je dis que ces contes répondent à des questions humaines, à des problèmes universellement humains. Pour m’expliquer je vais donner un exemple. Dans beaucoup de religion polythéistes anciennes il y a une notion de vie après la mort (en Egypte ancienne par exemple, ou dans la religion hindoue qui croit en la réincarnation), ce qui répond à la question du « et après ? » et rassure. Du coup, c’est parce que ces histoires répondent à des problèmes humains, des préoccupations humaines, qu’ils se rejoignent. On a tous les mêmes questionnements, peu importe dans quelle culture on est né, au fond, les questions et préoccupations sont les mêmes.

    1. Je comprends ce que tu veux dire ^^ et on en a eu connaissance dans d’autres cours de mon cursus — mais finalement je me demande si pendant ce cours, la place dédiée à la rationalité était ailleurs et peut-être est-ce pour cela qu’elle préfère nous dire que c’est un mystère (un peu comme pour le triangle des Bermudes et la Cité de l’Atlantide).
      En tous cas, dans sa véritable signification, le « conte » du petit Chaperon Rouge est un récit initiatique pour les jeunes filles à marier (ou en tout cas qui sont sur le point de commencer leur sexualité) et comme tu le dis il est là « pour rassurer » – même si je me demande encore où trouve-t-on rassurant de boire le sang et manger la chair de sa grand-mère xD – soit ! On s’éloigne du sujet, mais lire tes commentaires est toujours aussi intéressant, merci ^^ !

      Excellente journée à toi !

      1. C’est si glauque que ça le Petit Chaperon rouge ?! Mon dieu… si tu prenais tes cours sur PC et que tu les as encore tu pourrais me les envoyer par mail ?
        Je pense que manger sa grand-mère c’était un moyen de s’approprier son expérience (si le récit est vraiment vieux, vue que dans certaines cultures manger l’ennemi c’était s’approprier son esprit et sa force). Du coup ça peut symboliser le passage de flambeau entre la grand-mère déjà mariée et la jeune fille (jolie interprétation, on se demande comment je n’ai eu que 08 à mon bac français xD).

        Haha ! Merci ! J’essaye ! C’est parce que je suis une personne extrêmement intéressante 😛 (et modeste avec ça !)

  2. J’ai trouvé cet article très chouette, et très courageux (les gens jugent tellement les croyances des autres, surtout quand celles-ci sortent des croyances habituelles chrétiennes, musulmanes et judaïques). Ta vision des choses est très juste, intéressante et chouette, merci de l’avoir partagée <3

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